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2007: "les Rituels barbares"

Une coproduction du Collectif barbare avec le Schlachthaus Theater de Berne, le théâtre Tuchlaube à Aarau, et la Rote Fabrik à Zurich

Un théâtre musical d'après le crime des soeurs Papins.

Avec: Claire Valat, Astride Schlaefli
Idée, concept, mise en scène : Astride Schlaefli 
Production : Michael Röhrenbach

Le crime dont s’inspire cette pièce est propre à une époque où les domestiques n’étaient considérés qu’en fonction de l’usage qu’on pouvait en faire. Les jeunes filles étaient souvent élevées en couvent et formatées à devenir de véritables « perles » ménagères, quand elles ne venaient pas de familles aisées. Dans ce cas, elles devenaient alors plutôt maîtresses de maisons. Peu d’autres perspectives de vie s’offraient à elles. La tragédie des sœurs Papins est l’illustration parfaite d’un enfermement total où règne une vie d’habitudes et de réflexes qui servent de contenus à une vie dénuée de sens. Le lien avec la réalité se perd, les esprits s’égarent, le vide s’installe. Le contenant se substitue au contenu, le sens des actes et des paroles se dilue dans les cerveaux ravagés par l’ignorance. Sans s’en rendre compte, on glisse vers le néant : tout est prêt pour que le pire arrive, à l’insu de tous.









Les soeurs Papin

Le 2 février 1933, dans la ville du Mans, la police s’introduit de force dans le domicile de M. Lancelin. Elle découvre au 1er étage Madame Lancelin et sa fille, toutes deux assassinées. Leurs corps sont affreusement mutilés, leurs yeux arrachés de leurs orbites.

Au 2ème étage, collées l'une à l'autre et réfugiées au fond de leur lits, les 2 domestiques "modèles" avouent sans difficultés avoir commis le double crime de leurs patronnes, patronnes d’ailleurs « irréprochables » selon elles.

Les coupables sont donc identifiées, leurs aveux sans ambiguïté, les armes du crime évidentes, étalées à la vue. Tout semble simple et l'affaire est close. En effet, que demander de plus ?

Après quelques mois d'investigation bâclée, l'instruction a jugé Christine Papin responsable du double meurtre tandis que Léa écopait d’une condamnation pour complicité. Il était plus important de conclure rapidement que de se poser des questions sur les raisons du crime. Personne, à l’exception notable d’intellectuels comme Simone de Beauvoir, Sartres et Jean Genet, ne chercha à savoir ce qui avait bien pu mener les deux sœurs à cette extrémité.

Cependant Christine Papin meurt en 1937 dans un hôpital psychiatrique, victime d’une maladie psychique grave délibérément ignorée au moment du procès. Sa sœur Léa, condamnée à dix ans de travaux forcés fut libérée en 1943. Elle a vécu ensuite à quelques kilomètres du Mans, et a travaillé le restant de sa vie comme gardienne d’enfants dans la région. Elle est morte en 2001.