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2006: "Monte Verità"

«Monte Verità»
Richard Strauss. Sinnsuche und Sonnenbad…

Mise en scène: Astride Schlaefli 

Avec: Raphael Traub, Erwin Hurni, Marisol Schalit, Anna Trauffer, Julia Grossniklaus



Une assemblée générale des membres de Monte Verità sert de fil conducteur à la pièce et détermine son organisation formelle : allocution d’accueil du président, lecture des statuts, rapport du caissier… Ambiguité du rapport avec les spectateurs : ils sont considérés comme membres par les interprètes.

Puis l’assemblée générale va dériver…La commémoration des disparus sera ponctuée d’une projection de diapositives incongrue, les textes drôles ou amers se mêleront au pathos des derniers Lieder de Strauss, et les films amèneront une touche poétique ou absurde au désespoir des personnages confrontés à leurs désillusions.

Certaines scènes sont abstraites et résultent du décors qui se transforme au gré des interprètes : elles évoquent une musique visuelle. D’autres, plus concrètes, rappellent l’emploi du temps et les activités des curistes de Monte Verità. Elles se succèdent en s’éloignant de la  réalité d’une assemblée générale et en plongeant dans un univers de souvenirs nostalgiques, de rêves et de cauchemars.






En 1905, Ida Hoffmann et Henri Oedenkoven fondent le sanatorium « Monte Verità » sur une colline au-dessus d’Ascona.. Il y attirent des membres pour le moins hétéroclites : nudistes, apôtres de la nature,  anarchistes, socialistes, artistes, écrivains, danseurs…

Redéfinir les conditions du bonheur en fuyant misère et pollution, en mangeant végétarien, en vivant pieds nus… Telle fut l’ambition. Les destins hors du commun de quelques individus dévoileront l’ambiguïté du projet utopique qui les avait réunis. Vêtus de peaux de bêtes, Gustave Gräser divaguera dans Munich bombardé, Otto Gross meurt à Berlin en clochard anonyme, Erich Mühsam succombe sous la torture nazie tandis que von Laban prête allégeance à Goebbels et devient chef des ballets allemands.

L’adoration du soleil et les danses dans les prés sont bien loin : l’histoire a rattrapé ceux qui avaient pensé pouvoir l’oublier.